Ce que disent les livres classiques
Le manuel attribué à Ibn Sîrîn ouvre son chapitre sur la mer par ce sens : un souverain redoutable et puissant. La raison donnée tient à sa taille, car la mer est la plus grande des étendues d’eau. Ibn Qutayba va dans ce sens : pour lui, la mer est le grand roi. Al-Badr al-Munîr explique ce lien par le caractère redoutable de la mer. Elle fait périr certains, et d’autres en réchappent. Personne n’a autorité sur ce qu’elle contient, comme personne n’a autorité sur les rois.
Boire de l’eau de mer signifie recevoir de l’argent d’un grand souverain. Ibn Qutayba le dit en toutes lettres. Le manuel attribué à Ibn Sîrîn va dans le même sens. Celui qui prend de l’eau de la mer et la boit amasse un bien venant d’un souverain.
Al-Badr al-Munîr ouvre une autre lecture. La mer peut figurer un savant, et ses poissons sont alors ses sciences et ses disciples. Elle peut aussi figurer un commerçant, et ses poissons sont alors ses affaires et ses gains. L’auteur justifie ce second sens : les navires circulent sur la mer, et on en tire ce qui se vend. Le même passage précise que ce qui arrive aux poissons, en bien ou en mal, revient à ceux qu’ils figurent.
Entrer dans la mer ou dans un fleuve, selon Ibn Shâhîn et al-Qâsimî, c’est entrer chez un souverain ou chez un homme de pouvoir. En sortir, c’est recevoir du bien de ce souverain et être délivré du souci.
Ibn Qutayba et le manuel attribué à Ibn Sîrîn donnent un cas plus sombre. Le rêveur entre dans la mer et touche la boue de son fond. Il subit alors un souci. Ce souci vient d’un grand souverain, du souverain de ce lieu ou d’un homme à son service.
Selon les détails du rêve
Le geste du rêveur et l’état de la mer orientent le sens :
- Traverser la mer d’un bord à l’autre : sortir d’un souci ou d’une peur, et en être sauvé (Ibn Shâhîn, al-Qâsimî).
- Une mer agitée par de hautes vagues : de nombreux torts, selon al-Isbijâbî.
- Marcher sur un chemin sec au milieu de la mer : la sécurité après la peur. Al-Isbijâbî appuie ce sens sur un verset de la sourate Tâ-Hâ (20:77).
- Extraire de la mer une perle précieuse : obtenir ce que l’on désirait, et un bien venant d’un souverain (Ibn Shâhîn).
Selon la personne qui rêve
L’état de santé du rêveur change la lecture de l’entrée dans l’eau. Pour un malade, entrer dans la mer ou dans un fleuve signifie que sa maladie s’aggrave. C’est l’avis d’Ibn Shâhîn et d’al-Qâsimî. Le même passage donne aussi le sens général de ce geste : entrer chez un souverain ou chez un homme de pouvoir.
Ce que le rêve ne dit pas
Aucun de ces sens n’est une promesse. La mer peut figurer un souverain, un savant ou un commerçant. Les livres ne disent pas lequel de ces sens vaut pour votre rêve. Le même geste change de sens selon le rêveur, comme l’entrée dans l’eau pour un malade.
Un détail peut aussi inverser la lecture. Sortir de l’eau se lit comme un bien, alors que toucher la boue du fond se lit comme un souci. Une mer agitée ne se lit pas comme un chemin sec au milieu des flots.
Ces limites rejoignent trois règles d’interprétation :
- règle 131 « Le symbole n’a pas de sens fixe » : l’état du rêveur oriente le sens ;
- règle 144 « L’apparence d’un rêve ne dit pas son sens » ;
- règle 146 « Aucun symbole ne se tranche sans son indice ».
Questions fréquentes
Rêver de boire l'eau de la mer en islam, qu'est-ce que ça veut dire ?
Ibn Qutayba et le manuel attribué à Ibn Sîrîn y voient de l’argent venant d’un grand souverain. La mer figure ce souverain, et boire son eau revient à recevoir de lui. Ce sens reste une conjecture, à lire selon l’état du rêveur.
Rêver de traverser la mer en islam, quel sens ?
Selon Ibn Shâhîn et al-Qâsimî, traverser la mer d’un bord à l’autre signifie sortir d’un souci ou d’une peur. Le rêveur en est sauvé. Le passage complet jusqu’à l’autre rive est le détail qui porte ce sens.
Rêver d'une mer agitée en islam, est-ce mauvais ?
Al-Isbijâbî lit une mer agitée par de hautes vagues comme de nombreux torts. Le même auteur lit le chemin sec au milieu de la mer comme la sécurité après la peur. L’état de la mer et le geste du rêveur décident du sens.
Sens relevés dans les dictionnaires classiques (an-Nâbulsî, Ibn Shâhîn, al-Isbijâbî, al-Qâsimî, manuel attribué à Ibn Sîrîn, Ibn Qutayba, al-Badr al-Munîr), traduits de l'arabe et vérifiés passage par passage. Aucun sens inventé. L'interprétation d'un rêve reste une conjecture qui dépend du rêveur : voir les règles du ta'bîr.
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