Ce que disent les livres classiques
Le premier sens est le voyage. Ibn Shâhîn l’écrit : voler avec des ailes, c’est voyager. Al-Isbijâbî et an-Nâbulsî rapportent la même lecture comme un avis. Le manuel attribué à Ibn Sîrîn parle d’un voyage sur mer ou sur terre. Il précise que le vol avec des ailes est plus fort et plus sûr pour le rêveur.
Sans ailes, le vol prend un autre sens. Ibn Shâhîn rapporte ce sens d’Ibn Sîrîn : celui qui vole sans plumes passe d’un état à un autre. Al-Isbijâbî et le manuel attribué à Ibn Sîrîn rapportent la même lecture comme un avis parmi d’autres.
Le vol en largeur, d’un lieu à un autre, est un voyage accompagné d’une élévation. Ibn Shâhîn rapporte ce sens au nom de Daniel : celui qui vole comme l’oiseau d’un lieu à un autre voyage, et son rang s’élève à la mesure de sa hauteur au-dessus du sol. Il cite aussi al-Sâlimî pour le vol en largeur : un voyage, et une élévation à la mesure de la hauteur atteinte. Le manuel attribué à Ibn Sîrîn parle d’un voyage lointain et d’un honneur obtenu.
Le vol droit vers le ciel est moins favorable. Ibn Shâhîn y voit un tort, à la mesure de la montée. Le rêveur peut aussi s’enfoncer dans le ciel jusqu’à disparaître, sans redescendre. Ibn Shâhîn et le manuel attribué à Ibn Sîrîn y lisent alors la mort.
Enfin, se voir voler à maintes reprises désigne une personne qui fait beaucoup de souhaits. Ibn Shâhîn rapporte, d’après Abû Sa’îd al-Wâ’iz, l’histoire d’un homme venu trouver Ibn Sîrîn. Cet homme se voyait voler dans le ciel et sur la terre. Ibn Sîrîn lui répondit qu’il était un homme qui faisait beaucoup de souhaits.
Selon les détails du rêve
- Avec ou sans ailes : avec des ailes, un voyage plus sûr ; sans ailes, un changement d’état.
- Au-dessus d’une montagne : une autorité, pour celui qui en est digne. Pour les autres, une maladie qui mène au bord de la mort, ou une faute dans la religion (Ibn Shâhîn, manuel attribué à Ibn Sîrîn).
- D’une maison connue vers une maison inconnue : la mort, selon Ibn Shâhîn et an-Nâbulsî.
- Vers le ciel, puis retour sur terre : une maladie qui mène au bord de la mort, puis la guérison (Ibn Shâhîn).
- En largeur, d’un lieu à un autre : un voyage, avec une élévation à la mesure de la hauteur atteinte.
Selon la personne qui rêve
Ibn Shâhîn distingue les gens de bien et les gens corrompus. Pour les premiers, voler signifie chercher la science. Ils y avancent à la mesure de la hauteur atteinte. Pour les seconds, le même vol signifie chercher le péché et le mal.
Le prisonnier qui se voit voler sort de prison. An-Nâbulsî et al-Isbijâbî donnent ce sens.
Pour le vol au-dessus d’une montagne, tout dépend aussi de la personne. L’autorité revient à celui qui en est digne. Chez les autres, le même rêve indique une maladie qui mène au bord de la mort, ou une faute dans la religion.
Ce que le rêve ne dit pas
Un même vol peut porter deux sens opposés. Chez l’un, il désigne la recherche de la science ; chez l’autre, celle du péché. Au-dessus d’une montagne, il indique l’autorité ou la maladie. Vers le ciel, il indique un tort. Il indique aussi une maladie suivie de guérison si le rêveur redescend. Rien dans ces textes ne garantit que le rêve se réalisera. L’interprétation reste une conjecture.
Les sens qui parlent de mort ou de maladie ne fixent rien. Ces sens sont ceux que donnent les livres ; seul Allah connaît le terme de chacun.
Trois règles d’interprétation éclairent ce symbole. Selon la règle 131, « Le symbole n’a pas de sens fixe » : l’état du rêveur oriente la lecture. La règle 144 s’intitule « L’apparence d’un rêve ne dit pas son sens » : un vol plaisant peut porter un sens pénible, et l’inverse. Selon la règle 146, « Aucun symbole ne se tranche sans son indice » : chaque détail du vol compte avant de conclure.
Questions fréquentes
Rêver de voler avec des ailes en islam, qu'est-ce que ça veut dire ?
Les livres y voient un voyage. Le manuel attribué à Ibn Sîrîn précise que le vol avec des ailes est plus fort et plus sûr pour le rêveur. Sans ailes, le vol indique plutôt un passage d’un état à un autre.
Rêver de voler vers le ciel en islam, est-ce un mauvais signe ?
Ibn Shâhîn voit dans le vol droit vers le ciel un tort, à la mesure de la montée. Si le rêveur redescend ensuite sur terre, il y lit une maladie qui mène au bord de la mort, puis la guérison.
Je rêve tout le temps que je vole, que signifie ce rêve en islam ?
Selon Ibn Shâhîn, se voir voler à maintes reprises désigne une personne qui fait beaucoup de souhaits. Il rapporte qu’Ibn Sîrîn fit cette réponse à un homme qui se voyait voler dans le ciel et sur la terre.
Sens relevés dans les dictionnaires classiques (an-Nâbulsî, Ibn Shâhîn, al-Isbijâbî, al-Qâsimî, manuel attribué à Ibn Sîrîn, Ibn Qutayba, al-Badr al-Munîr), traduits de l'arabe et vérifiés passage par passage. Aucun sens inventé. L'interprétation d'un rêve reste une conjecture qui dépend du rêveur : voir les règles du ta'bîr.
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