Ce que disent les livres classiques
Ibn Shâhîn pose la règle générale : le sel s’interprète comme de l’argent. Il rapporte l’avis d’al-Kirmânî sur un cas précis. Celui qui se voit acheter du sel, ou en recevoir en don, obtient des dirhams. Le dirham est une pièce d’argent.
Le deuxième sens concerne le malade. Ibn Shâhîn, toujours d’après al-Kirmânî, indique que s’il se voit acheter du sel ou en recevoir, le rêve signifie la guérison. Al-Qâsimî donne le même sens dans son recueil. Il l’élargit à d’autres gestes, que la section suivante détaille. La condition reste la même : la personne qui rêve est malade.
Le troisième sens vient d’al-Isbijâbî. Il vise une scène où le sel apparaît entre des gens qui se combattent ou qui sont en procès. Dans ce cas, ils se réconcilient. Al-Isbijâbî appuie cette lecture sur un vers de poésie arabe. Ce vers dit que le sel répare ce qu’on craint de voir se gâter.
Chacun de ces trois sens est posé sous une condition : un achat ou un don, un rêveur malade, une scène de conflit.
Selon les détails du rêve
- Manger du sel, en acheter, en recevoir ou le voir descendre du ciel : al-Qâsimî y lit des dirhams pour le pauvre et la guérison pour le malade.
- Le sel blanc : le manuel attribué à Ibn Sîrîn y voit des pièces d’argent et d’or.
- Le marchand de sel : an-Nâbulsî le décrit comme un homme riche en dirhams. Il y voit aussi un homme qui réconcilie les gens.
Le marchand de sel réunit ainsi deux sens du symbole : l’argent et la réconciliation. Le sel blanc précise le premier, puisqu’il nomme à la fois des pièces d’argent et des pièces d’or.
Selon la personne qui rêve
Al-Qâsimî distingue deux rêveurs pour un même geste. Le pauvre qui mange du sel, en achète ou en reçoit obtient des dirhams. Le malade qui fait la même chose y trouve la guérison. Ibn Shâhîn, d’après al-Kirmânî, donne aussi la guérison au malade qui achète du sel ou en reçoit. Le même rêve change donc de sens selon le besoin de celui qui le voit.
Ce que le rêve ne dit pas
En dehors de la règle générale qui rattache le sel à l’argent, les livres posent chaque lecture sous une condition : un geste, un état du rêveur, une scène. Un rêve de sel sans ces indices ne se tranche pas d’après cette page. La guérison du malade et le gain du pauvre restent des interprétations. Elles ne fixent ni date ni certitude.
Trois règles d’interprétation éclairent ces limites. La règle 131, « Le symbole n’a pas de sens fixe », rappelle que l’état du rêveur oriente le sens. La règle 144, « L’apparence d’un rêve ne dit pas son sens », met en garde contre une lecture trop rapide. La règle 146, « Aucun symbole ne se tranche sans son indice », demande de chercher le détail qui décide. Vous les trouverez parmi les règles d’interprétation du site.
Questions fréquentes
Rêver d'acheter du sel en islam, qu'est-ce que ça veut dire ?
Selon Ibn Shâhîn, qui rapporte l’avis d’al-Kirmânî, acheter du sel ou en recevoir signifie des dirhams. Si la personne qui rêve est malade, le même rêve signifie la guérison. Al-Qâsimî donne aussi ces deux sens, en réservant les dirhams au pauvre.
Rêver de sel blanc en islam, quelle signification ?
Le manuel attribué à Ibn Sîrîn voit dans le sel blanc des pièces d’argent et d’or. Le sens reste lié à l’argent, comme pour le sel en général.
Rêver de sel entre deux personnes fâchées, qu'est-ce que ça signifie ?
Selon al-Isbijâbî, le sel vu entre des gens en guerre ou en procès signifie qu’ils se réconcilient. An-Nâbulsî donne un sens proche au marchand de sel, qu’il décrit comme un homme qui réconcilie les gens.
Sens relevés dans les dictionnaires classiques (an-Nâbulsî, Ibn Shâhîn, al-Isbijâbî, al-Qâsimî, manuel attribué à Ibn Sîrîn, Ibn Qutayba, al-Badr al-Munîr), traduits de l'arabe et vérifiés passage par passage. Aucun sens inventé. L'interprétation d'un rêve reste une conjecture qui dépend du rêveur : voir les règles du ta'bîr.
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