Ce que disent les livres classiques
Le manuel attribué à Ibn Sîrîn donne ce sens dans son chapitre sur la mort. La mort en rêve indique le regret d’une affaire grave. Celui qui se voit mourir puis revenir à la vie commet un péché, puis s’en repent. Le manuel appuie ce sens sur un verset du Coran.
Le même manuel pose une condition pour un deuxième sens. Si vous vous voyez mort sans être malade, et sans avoir l’air d’un mourant, le rêve indique une vie plus longue. Si l’une de ces conditions manque, cette lecture ne s’applique pas.
Le manuel rapporte aussi un avis, introduit par la formule « certains ont dit ». Pour un célibataire, se voir mort annonce le mariage. Pour une personne mariée, ce rêve annonce le divorce, car la mort sépare.
Al-Isbijâbî donne à la mort plusieurs sens. L’un d’eux est un manque dans la pratique de la religion. Il le rapproche du mort qui n’entend rien, et il cite pour cela le Coran.
L’auteur d’al-Badr al-Munîr traite ensemble l’agonie et la mort. Selon lui, l’agonie indique un soulagement proche pour celui qui est dans la détresse. Elle indique parfois des retrouvailles avec des absents. La mort confirme ces sens. Elle indique aussi la prison, ou la maladie pour les personnes bien portantes.
Selon les détails du rêve
- Vos propres funérailles, avec la toilette, le linceul et les pleurs : une religion abîmée. Le manuel attribué à Ibn Sîrîn et Ibn Qutayba portent ce sens. Le manuel ajoute que vous restez malgré tout en sécurité ici-bas. Ibn Qutayba s’appuie sur la sourate 6, verset 122.
- Mourir sans ces préparatifs : la destruction d’une partie de votre maison. Le manuel attribué à Ibn Sîrîn parle d’un des murs de la demeure.
- Mort sur un tapis : l’aisance ici-bas.
- Mort sur un lit : un rang élevé.
- Mort, nu à même le sol : la pauvreté.
- La mort du chef d’un pays, que le manuel appelle l’imam : la ruine de ce pays. À l’inverse, la ruine du pays annonce la mort de son chef.
Ces trois postures, tapis, lit et sol, viennent du manuel attribué à Ibn Sîrîn, dans son texte arabe comme dans sa traduction française.
Selon la personne qui rêve
L’état du rêveur change la lecture. Si vous êtes célibataire, un avis rapporté par le manuel attribué à Ibn Sîrîn voit dans votre mort en rêve le mariage. Si vous êtes marié, le même avis y voit le divorce.
Si vous vous voyez mort sans être malade et sans avoir l’air d’un mourant, le manuel lit une vie plus longue. L’auteur d’al-Badr al-Munîr, lui, voit dans la mort la maladie pour les personnes bien portantes.
Pour l’agonie, l’auteur d’al-Badr al-Munîr distingue deux cas. Pour qui n’est pas dans la détresse, elle annonce un malheur. Pour qui est déjà dans le malheur, elle annonce que celui-ci va bientôt disparaître.
Ce que le rêve ne dit pas
Le même rêve peut porter des sens opposés. L’auteur d’al-Badr al-Munîr l’écrit dans son commentaire : la mort et l’agonie indiquent une chose et son contraire. L’agonie annonce le malheur à l’un et la fin du malheur à l’autre.
La vie plus longue et la maladie montrent la même tension. Le manuel attribué à Ibn Sîrîn lit une vie plus longue quand le rêveur ne se voit ni malade ni avec l’air d’un mourant. L’auteur d’al-Badr al-Munîr voit aussi dans la mort la maladie pour les bien portants. Ces deux lectures viennent de livres différents, et ces textes ne disent pas laquelle l’emporte.
Le mariage et le divorce ne relèvent que d’un avis. Le manuel le rapporte sous la formule « certains ont dit », sans le trancher.
Rien ne promet que le rêve se réalisera. Les livres classiques proposent des lectures, et chacune reste une conjecture liée au rêveur. Trois règles d’interprétation éclairent ce point. La règle 131, « Le symbole n’a pas de sens fixe », rappelle que l’état du rêveur oriente le sens. La règle 144, « L’apparence d’un rêve ne dit pas son sens », vaut pour un symbole aussi lourd que la mort. La règle 146, « Aucun symbole ne se tranche sans son indice », demande de chercher le détail qui décide.
Questions fréquentes
Rêver de sa propre mort en islam, qu'est-ce que ça veut dire ?
Le manuel attribué à Ibn Sîrîn y voit d’abord le regret d’une affaire grave. Si vous vous voyez mort sans être malade ni avoir l’air d’un mourant, le même manuel lit une vie plus longue. Les détails du rêve et votre état orientent le sens.
Rêver de mourir puis de revenir à la vie, quel sens en islam ?
Selon le manuel attribué à Ibn Sîrîn, ce rêve indique un péché, puis un repentir. Le manuel appuie cette lecture sur un verset du Coran. Elle reste une conjecture.
Rêver de ses propres funérailles en islam, est-ce mauvais signe ?
Le manuel attribué à Ibn Sîrîn et Ibn Qutayba lisent dans les funérailles, avec la toilette, le linceul et les pleurs, une religion abîmée. Le manuel ajoute que le rêveur reste en sécurité ici-bas. Sans ces préparatifs, le même manuel y voit la destruction d’une partie de la maison.
Sens relevés dans les dictionnaires classiques (an-Nâbulsî, Ibn Shâhîn, al-Isbijâbî, al-Qâsimî, manuel attribué à Ibn Sîrîn, Ibn Qutayba, al-Badr al-Munîr), traduits de l'arabe et vérifiés passage par passage. Aucun sens inventé. L'interprétation d'un rêve reste une conjecture qui dépend du rêveur : voir les règles du ta'bîr.
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