Ce que disent les livres classiques
Le manuel attribué à Ibn Sîrîn pose le principe : le vrai sultan, en rêve, renvoie à Allah. Sa satisfaction reflète celle d’Allah. An-Nâbulsî reprend ce sens dans son dictionnaire, à l’entrée du sultan.
Le même manuel traite le cas de celui qui se voit devenir roi ou sultan. Le rêveur obtient l’aisance dans sa vie d’ici-bas. Sa religion, en même temps, se trouve abîmée.
Ce manuel rapporte aussi un avis plus grave. Selon un avis, celui qui se voit devenir roi sans en être digne meurt vite. Selon ce même avis, pour un malade, ce rêve annonce sa mort. La raison donnée est la suivante : nul n’a de pouvoir sur un mort, comme nul n’en a sur le roi.
Le califat suit une autre logique. Le manuel attribué à Ibn Sîrîn et an-Nâbulsî y voient la puissance et l’honneur. Ce sens vaut si le rêveur est digne de cette charge. S’il ne l’est pas, le rêve annonce l’humiliation, la dispersion de ses affaires et un malheur.
L’entrée du sultan dans un lieu change encore le sens. Al-Qâsimî écrit qu’un sultan qui entre dans une maison, une mosquée ou une ville annonce un malheur pour les gens de ce lieu. Al-Isbijâbî traite le cas du village : l’injustice et le désordre s’y installent. Il appuie ce sens sur un verset du Coran qu’il cite. Al-Qâsimî rapporte un correctif sous forme d’avis : si le sultan est juste, la justice paraît en ce lieu.
Selon les détails du rêve
- Sultan renfrogné : selon le manuel attribué à Ibn Sîrîn, le rêveur commet un acte qui mène à une corruption de sa foi.
- Sultan en colère : le même manuel lit dans cette colère celle d’Allah.
- Sultan au visage ouvert et réjoui : al-Qâsimî et an-Nâbulsî y voient un bien. Al-Qâsimî précise que ce bien est à la mesure de cette gaieté.
- Marcher avec le chef : vous suivez son exemple, d’après le manuel attribué à Ibn Sîrîn.
- Être avec lui sur la même monture : vous lui succédez, selon le même manuel.
Selon la personne qui rêve
Les livres distinguent d’abord le mérite du rêveur. Pour le califat, celui qui en est digne obtient la puissance et l’honneur. Celui qui ne l’est pas connaît l’humiliation. Pour la royauté, selon un avis, celui qui se voit roi sans en être digne meurt vite.
L’état de santé compte aussi. Pour un malade, se voir devenir roi annonce sa mort, selon un avis rapporté par le manuel attribué à Ibn Sîrîn. Ce sens repose sur la comparaison entre le mort et le roi : personne n’a de pouvoir sur l’un ni sur l’autre.
Ce que le rêve ne dit pas
Plusieurs sens s’opposent dans cette fiche. Le califat honore le rêveur digne et humilie celui qui ne l’est pas. Un sultan qui entre dans un lieu annonce un malheur. Selon un avis, un sultan juste y fait pourtant paraître la justice. Le sens de mort, pour celui qui devient roi sans en être digne comme pour le malade, est rapporté comme un avis. Rien ne garantit qu’un rêve se réalise : l’interprétation reste une conjecture.
Une limite touche la foi. Le sultan inconnu vu en rêve est un symbole qui renvoie à Allah. Il n’est pas permis de croire qu’Allah ressemble à ce qu’on a vu.
Trois règles d’interprétation éclairent ces limites. Vous les trouverez sur la page des règles d’interprétation :
- règle 131 « Le symbole n’a pas de sens fixe » ;
- règle 144 « L’apparence d’un rêve ne dit pas son sens » ;
- règle 146 « Aucun symbole ne se tranche sans son indice ».
Questions fréquentes
Rêver d'être roi en islam, qu'est-ce que ça veut dire ?
Selon le manuel attribué à Ibn Sîrîn, se voir devenir roi ou sultan annonce l’aisance ici-bas. Ce bien s’accompagne d’une religion abîmée. Selon un avis, le sens devient plus grave si le rêveur n’est pas digne de cette charge.
Voir un roi en colère en rêve, qu'est-ce que cela signifie en islam ?
Le manuel attribué à Ibn Sîrîn lit dans la colère du sultan celle d’Allah. Un sultan renfrogné signale une corruption dans la foi du rêveur. À l’inverse, un visage ouvert et réjoui annonce un bien, à la mesure de cette gaieté selon al-Qâsimî.
Rêver qu'un roi entre dans votre maison, est-ce mauvais en islam ?
Pour al-Qâsimî, un sultan qui entre dans une maison, une mosquée ou une ville annonce un malheur pour les gens de ce lieu. Selon un avis, s’il est juste, la justice y paraît. Le sens dépend donc de l’état du sultan vu en rêve.
Sens relevés dans les dictionnaires classiques (an-Nâbulsî, Ibn Shâhîn, al-Isbijâbî, al-Qâsimî, manuel attribué à Ibn Sîrîn, Ibn Qutayba, al-Badr al-Munîr), traduits de l'arabe et vérifiés passage par passage. Aucun sens inventé. L'interprétation d'un rêve reste une conjecture qui dépend du rêveur : voir les règles du ta'bîr.
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