Ce que disent les livres classiques
Chez al-Qâsimî, celui qui se voit sur un minbar en train de parler de science ou de prononcer le sermon obtient l’élévation du rang et l’honneur. S’il se voit en tomber, il obtient l’inverse.
An-Nâbulsî traite des paroles de bien. Vous vous voyez sur un minbar et vous y dites des paroles de bien : le rêve annonce une autorité noble et généreuse, si vous êtes digne du minbar. Si vous ne l’êtes pas, il annonce une bonne renommée.
Le cas opposé figure chez al-Qâsimî et chez Ibn Shâhîn. Dire sur un minbar des paroles inconvenantes signifie devenir connu pour ses péchés. Ibn Shâhîn y joint aussi un malheur dont on devient connu.
An-Nâbulsî parle ensuite du pouvoir. Prenez un gouverneur ou un souverain qui tombe du minbar, qu’on en fait descendre de force, ou dont le minbar se brise. Pour an-Nâbulsî, il perd le pouvoir qu’il détient. Cette perte peut venir par la mort ou de son vivant. Si le rêveur n’a lui-même aucune autorité, an-Nâbulsî reporte le sens sur un homme d’autorité de son entourage. Il peut aussi le reporter sur quelqu’un qui porte son nom ou sur son semblable.
Le même livre donne le cas inverse. Quand le souverain monte en chaire, son règne dure et il l’emporte sur ses ennemis.
Selon les détails du rêve
- Les paroles prononcées : parler de science ou prononcer le sermon élève, selon al-Qâsimî. Les paroles de bien donnent une autorité noble à qui est digne du minbar, une bonne renommée sinon, selon an-Nâbulsî. Les propos inconvenants font connaître les péchés du rêveur.
- Tomber du minbar : l’inverse de l’élévation selon al-Qâsimî. Pour un gouverneur ou un souverain, la perte du pouvoir selon an-Nâbulsî.
- Un minbar qui se brise, ou une descente forcée : pour un gouverneur ou un souverain, la même perte du pouvoir.
- Dormir sur un minbar : se rapprocher d’un souverain et être en sécurité de son côté, chez al-Qâsimî. Selon un avis, une religion corrompue, ou quelqu’un qui médit des gens.
- Un minbar redevenu neuf : al-Badr al-Munîr d’Ibn Nu’ma rapporte le rêve d’un prédicateur qui vit son minbar ainsi. L’interprète lui annonça un nouveau poste, et un acte de nomination lui parvint.
Selon la personne qui rêve
Ibn Shâhîn consacre une section au sermon. Il y distingue celui qui est digne du minbar de celui qui ne l’est pas.
Celui qui prononce le sermon sur le minbar et en est digne obtient l’élévation, la considération et le rang. Celui qui n’en est pas digne reçoit un sens différent selon son état :
- le voyageur ne peut pas rentrer sain et sauf ;
- le riche s’appauvrit ;
- le pauvre tombe malade et connaît l’épreuve ;
- l’ignorant est méprisé aux yeux des gens.
An-Nâbulsî applique la même distinction aux paroles de bien. Le rêveur digne du minbar y trouve une autorité noble, l’autre une bonne renommée.
Le gouverneur et le souverain ont leurs sens propres. La chute ou le minbar brisé parlent de la perte du pouvoir. La montée en chaire parle d’un règne qui dure. Pour le prédicateur, al-Badr al-Munîr rapporte le cas du minbar redevenu neuf, lu comme un nouveau poste.
Ce que le rêve ne dit pas
Une même image peut porter deux sens opposés. Prononcer le sermon sur le minbar élève celui qui en est digne et peut éprouver celui qui ne l’est pas. Parler sur le minbar honore ou expose, selon les paroles. Pour le sommeil sur le minbar, les sens d’une religion corrompue ou de la médisance ne sont donnés que selon un avis.
Les livres ne tranchent pas entre la mort et la perte du pouvoir de son vivant pour le souverain qui tombe. Ces sens sont ceux que donnent les livres ; seul Allah connaît le terme de chacun.
L’interprétation reste une conjecture. Rien n’assure qu’un rêve se réalisera tel qu’on l’a lu. Trois des règles d’interprétation éclairent ce symbole. La règle 131, « Le symbole n’a pas de sens fixe », rappelle que l’état du rêveur oriente la lecture. La règle 144, « L’apparence d’un rêve ne dit pas son sens », vaut ici : se voir en chaire n’annonce pas toujours un honneur. La règle 146, « Aucun symbole ne se tranche sans son indice », demande de chercher le détail qui décide, comme les paroles prononcées.
Questions fréquentes
Rêver de faire un sermon sur un minbar en islam, qu'est-ce que ça veut dire ?
Selon al-Qâsimî, prononcer le sermon ou parler de science sur un minbar annonce l’élévation du rang et l’honneur. Ibn Shâhîn réserve ce sens à celui qui est digne du minbar. Pour les autres, il donne des sens d’épreuve selon leur état.
Rêver de tomber d'un minbar, qu'est-ce que ça signifie ?
Al-Qâsimî donne à la chute l’inverse de l’élévation du rang. Pour un gouverneur ou un souverain, an-Nâbulsî y voit la perte de son pouvoir, par la mort ou de son vivant. Seul Allah connaît le terme de chacun.
Dormir sur un minbar en rêve, quelle interprétation ?
Al-Qâsimî y voit le fait de se rapprocher d’un souverain et d’être en sécurité de son côté. Selon un avis, ce rêve désigne une religion corrompue, ou quelqu’un qui médit des gens. Les détails du rêve et l’état du rêveur orientent la lecture.
Sens relevés dans les dictionnaires classiques (an-Nâbulsî, Ibn Shâhîn, al-Isbijâbî, al-Qâsimî, manuel attribué à Ibn Sîrîn, Ibn Qutayba, al-Badr al-Munîr), traduits de l'arabe et vérifiés passage par passage. Aucun sens inventé. L'interprétation d'un rêve reste une conjecture qui dépend du rêveur : voir les règles du ta'bîr.
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