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Règles du ta'bîr · question

Istikhāra en islam : faut-il attendre un rêve pour avoir la réponse ?

Non. Ash-Shuwayer répond, d’après les gens de science, qu’attendre un rêve après l’istikhāra n’est pas correct, et qu’une telle vision n’entre pas en compte. L’invocation de l’istikhāra demande à Allah de décréter une affaire si elle est un bien. L’effet de l’istikhāra est ce qu’Allah décrète. La preuve tient dans le texte même de l’invocation, rapporté par al-Bukhārī. Celui qui la prononce ne demande nulle part qu’Allah lui montre en songe ce qui est juste ou fautif.

Une règle, une réponse · règle 107

Ce que certains attendent

Certains, après avoir accompli l’istikhāra, attendent d’en voir l’effet en songe. Ils espèrent une vision qui leur dirait que l’affaire est juste, ou qui les orienterait vers ce qu’ils souhaitent.

Le livre range cette attitude parmi deux erreurs sur la place du rêve. Le rêve y prend un rôle que l’istikhāra ne lui donne pas : celui de rendre la réponse.

La réponse d’ash-Shuwayer

Ash-Shuwayer répond à des questions dans une conférence transcrite sous le titre ar-Ruʾā wa-l-aḥlām. Interrogé sur ce cas, il ne parle pas en son nom propre. Il rapporte l’avis des gens de science : cela n’est pas correct, et cette vision n’entre pas en compte.

Il dit ensuite où se trouve l’effet de l’istikhāra. Cet effet est ce qu’Allah décrète. Vous n’avez donc pas à guetter un songe pour connaître l’effet de votre istikhāra.

La preuve : le texte de l’invocation

L’argument d’ash-Shuwayer est le texte de l’invocation prophétique elle-même. Le hadith est rapporté par Jābir ibn ʿAbdallāh (raḍiya Llāhu ʿanhu), et al-Bukhārī le donne sous le n° 1166 :

« ô Allah, si Tu sais que cette affaire est un bien pour moi dans ma religion, ma vie et l’issue de mon affaire, décrète-la moi, facilite-la moi, puis bénis-la moi »

Relisez ce que demande celui qui fait l’istikhāra. Il demande qu’Allah décrète l’affaire, qu’Il la facilite, puis qu’Il la bénisse. À aucun moment il ne demande qu’Allah lui montre en songe ce qui est juste ou fautif. Attendre un rêve, c’est attendre une réponse que l’invocation n’a jamais demandée.

Ce que disent les autres règles

La règle 107 ouvre, au chapitre 5, la partie consacrée à deux erreurs sur la place du rêve. La seconde est la règle 108 : un rêve qui pousse à contredire la religion vient du diable. Plus haut dans le même chapitre, la règle 101 met en garde contre le rêveur qui se repose sur sa vision au lieu d’agir. La règle 102 vise l’interprète qui prétend tirer du rêve ce qui ne se vérifie pas. Que le rêve ne fonde ni décision ni jugement, c’est la matière du chapitre 1.

En bref

Après l’istikhāra, vous n’avez pas à attendre un rêve. Ash-Shuwayer rapporte des gens de science que cette attente n’est pas correcte et qu’une telle vision n’entre pas en compte. L’effet de l’istikhāra est ce qu’Allah décrète. Le texte de l’invocation, rapporté par al-Bukhārī d’après Jābir ibn ʿAbdallāh, demande qu’Allah décrète, facilite et bénisse l’affaire, jamais qu’Il la montre en songe.

◆ Les règles citées, dans leur chapitre

Cette page s'appuie sur le livre « Interpréter les rêves en islam sans se tromper » (204 règles), dont le texte intégral est publié chapitre par chapitre dans cette rubrique. Sources : les onze livres utilisés. Termes : glossaire.

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