Ce que disent les livres classiques
Le Muntakhab al-Kalâm fî Tafsîr al-Ahlâm, attribué à Ibn Sîrîn, passe en revue plusieurs parties du corps et donne à chacune son domaine. Pour la bouche, il retient une seule idée : elle est la clé des affaires de l’homme et leur conclusion.
La plupart des autres sens viennent d’al-Qâsimî, qui consacre un passage à la vision de la bouche dans son Jâmi' Tafâsîr al-Ahlâm. Il part de ce que le rêveur fait entrer dans sa bouche. S’il y met un remède, c’est un mieux dans sa religion. S’il y met une nourriture, c’est un mieux dans sa vie d’ici-bas. S’il y met une chose déplaisante qui ne lui sert à rien, ce sont des soucis.
Al-Qâsimî regarde ensuite la forme de la bouche. Une bouche qui s’élargit est un très bon signe. Une bouche qui rétrécit annonce le contraire.
Il s’arrête aussi sur l’odeur de la bouche. Une bonne haleine signifie que de belles paroles sortent du rêveur. Une mauvaise haleine se lit à l’inverse.
Enfin, il traite la bouche liée ou fermée. Elle peut désigner la mort, la maladie ou le silence. Le texte donne ces trois lectures côte à côte, sans trancher entre elles. Seuls le contexte du rêve et l’état du rêveur permettent d’orienter le sens.
Selon les détails du rêve
- Bouche pleine de nourriture : si elle est remplie au point qu’il n’y reste plus de place, an-Nâbulsî y voit des affaires qui changent et une situation qui chute dans la vie d’ici-bas, ou la mort. Ibn Shâhîn retient le changement des affaires et la chute de la situation. S’il reste de la place, an-Nâbulsî annonce une subsistance à la mesure de cette place.
- Une bouchée donnée par quelqu’un : selon Ibn Shâhîn, une bouchée fine d’un mets bon et sucré annonce une parole qui vous réjouit. Une bouchée d’un mets grossier annonce le contraire.
- Une bouchée brûlante : Ibn Shâhîn la lit comme une épreuve causée par les paroles de quelqu’un.
- Un serpent qui sort de la bouche : pour Ibn Shâhîn, c’est un péché dû à une parole prononcée, et un tort.
Selon la personne qui rêve
Al-Qâsimî évoque un mors placé dans la bouche. Le sens dépend alors de la conduite du rêveur. Pour les gens de bien, ce mors désigne peut-être le jeûne. Pour ceux dont la conduite est mauvaise, il désigne une réprimande. Le même détail change donc de sens selon la personne.
Ce que le rêve ne dit pas
Plusieurs sens de la bouche vont par paires opposées. Une bouche élargie est un bon signe, une bouche rétrécie l’inverse. Une bonne haleine annonce de belles paroles, une mauvaise le contraire. Une bouchée fine et sucrée annonce une parole qui réjouit, une bouchée grossière le contraire. Un seul détail suffit à renverser la lecture.
La bouche fermée et la bouche trop pleine mentionnent la mort parmi d’autres lectures. Ces passages ne permettent d’affirmer le sort de personne. Ils proposent plusieurs pistes que seuls le rêveur et les circonstances départagent. Aucune de ces interprétations ne garantit que le rêve se réalisera : elle reste une conjecture.
Pour lire ces sens avec mesure, reportez-vous aux règles d’interprétation. La règle 131 « Le symbole n’a pas de sens fixe » rappelle que l’état du rêveur oriente le sens. La règle 144 « L’apparence d’un rêve ne dit pas son sens » met en garde contre une lecture trop littérale. La règle 146 « Aucun symbole ne se tranche sans son indice » demande de chercher le détail qui décide.
Questions fréquentes
Rêver d'avoir la bouche pleine de nourriture en islam, qu'est-ce que ça veut dire ?
Tout dépend de la place qui reste. Si la bouche est pleine au point de ne plus rien contenir, an-Nâbulsî y voit des affaires qui changent et une situation qui chute, ou la mort. S’il reste de la place, il annonce une subsistance à la mesure de cette place.
Rêver d'un serpent qui sort de la bouche en islam, quel est le sens ?
Ibn Shâhîn lit ce rêve comme un péché dû à une parole prononcée. Il y ajoute un tort. Le rêve porte donc sur la parole du rêveur.
Rêver d'avoir mauvaise haleine en islam, qu'est-ce que ça signifie ?
Al-Qâsimî lie l’odeur de la bouche aux paroles du rêveur. Une bonne haleine annonce de belles paroles qui sortent de lui. Une mauvaise haleine se lit à l’inverse.
Sens relevés dans les dictionnaires classiques (an-Nâbulsî, Ibn Shâhîn, al-Isbijâbî, al-Qâsimî, manuel attribué à Ibn Sîrîn, Ibn Qutayba, al-Badr al-Munîr), traduits de l'arabe et vérifiés passage par passage. Aucun sens inventé. L'interprétation d'un rêve reste une conjecture qui dépend du rêveur : voir les règles du ta'bîr.
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