Accueil › Règles du ta'bîr › Question
Règles du ta'bîr · question

Un rêve peut-il concerner une autre personne que le rêveur en islam ?

Oui. Un rêve peut viser un frère, un ami, un proche, un enfant, un parent ou même un homonyme du rêveur. Al-Madrī en pose les conditions : le sens du rêve ne convient pas à celui qui l’a vu, et une autre personne liée à lui y a plus de droit. Al-Shihāb al-ʿĀbir al-Maqdisī (raḥimahu Llāh) ajoute qu’un songe peut toucher le rêveur seul, le rêveur et d’autres ensemble, ou ceux qui dépendent de lui. L’interprète commence par le rêveur et n’élargit que s’il échoue.

Une règle, une réponse · règles 191, 192

Les conditions posées par al-Madrī

Al-Madrī donne le critère. La vision revient parfois à un frère, à un ami, à un proche ou à quelqu’un qui a un lien avec le rêveur. Trois conditions doivent se réunir. Le sens du rêve ne convient pas à celui qui l’a vu. Un homme comme lui ne peut pas recevoir ce que la vision entraîne. Son compagnon y a plus de droit.

Son exemple est la mort. Elle ne se reporte pas sur un homme en santé. Elle va plutôt vers le compagnon malade, plus proche de la mort.

L’interprète ne déplace donc pas un rêve sans ces conditions. Il faut d’abord que le rêve, appliqué au rêveur, ne tienne pas, puis qu’une personne liée à lui convienne mieux.

Deux exemples tirés de la vie du Prophète ﷺ

Al-Madrī appuie ce critère sur deux cas prophétiques. La compilation d’al-Baghawī (raḥimahu Llāh) les porte aussi.

Le Prophète ﷺ vit en songe Abū Jahl lui prêter allégeance. Le rêve se réalisa en son fils ʿIkrima (raḍiya Llāhu ʿanhu). Quand ʿIkrima embrassa l’islam, le Prophète ﷺ dit : « c’est celui-là ».

Le second cas touche le gouvernorat de La Mecque. Il fut vu pour Asīd. Il se réalisa pour son fils ʿAttāb (raḍiya Llāhu ʿanhu), que le Prophète ﷺ nomma sur la ville.

Les deux sources n’écrivent pas le nom du père de la même façon. Al-Madrī écrit Asīd ibn al-ʿĀṣ. La compilation d’al-Baghawī écrit Asīd ibn Abī al-ʿĪṣ. Les livres de biographies donnent raison à la seconde forme. Tahdhīb al-kamāl (tome 19) et le Muʿjam al-kabīr d’aṭ-Ṭabarānī (tome 17) nomment ʿAttāb ibn Asīd ibn Abī al-ʿĪṣ ibn Umayya ibn ʿAbd Shams, que le Prophète ﷺ nomma sur La Mecque après la conquête. Le livre Interpréter les rêves en islam sans se tromper en conclut que le nom du grand-père est altéré dans le texte imprimé d’al-Madrī. Il laisse pourtant sa citation telle qu’elle est imprimée.

Le fils, le parent, l’homonyme

Al-Baghawī élargit le cercle. L’interprétation peut valoir pour le fils, pour le parent, ou pour quelqu’un qui porte le même nom que le rêveur. Ibn Qutayba al-Dīnawarī (raḥimahu Llāh) ajoute le cas de l’esclave, dont le rêve peut concerner son maître.

Al-Shihāb al-ʿĀbir dit la même chose. La vision peut ne pas être pour celui à qui elle a été montrée. Elle peut être pour ses enfants, ses parents, ses proches ou ses connaissances attachées à lui.

Il donne un cas qui surprend. Un homme vit son père brûler. C’est le rêveur qui mourut : la brûlure du père était son chagrin. Ici, le rêve met en scène le père, et c’est le rêveur qu’il touche.

Trois portées pour un même songe

Al-Shihāb al-ʿĀbir distingue trois portées. C’est la règle 192.

Le même jugement vaut pour tout groupe dont la subsistance ou le gain vient d’un même côté. Il vaut aussi pour ceux qui vivent en un même lieu. L’auteur cite les gens des écoles, des khānqāhs et des zāwiyas.

Par où commencer la lecture

Son commentaire donne la raison. Ceux qu’il a nommés partagent le profit et le repos. Ils sont donc comme un seul homme la plupart du temps.

Il donne surtout l’ordre des opérations. Quand l’un d’eux rapporte un songe, l’interprète lui attribue d’abord, du bien et du mal, ce qui lui convient en sa personne, en ses biens, en ses enfants et en ses proches. S’il ne trouve pas par là, il renvoie le rêve au groupe qui partage avec lui le gain et le repos.

L’interprète commence donc par le rêveur. Il n’élargit que s’il échoue. Cet ordre rejoint les conditions d’al-Madrī : on ne reporte un rêve sur un autre que lorsque le rêveur ne peut pas le porter. Si vous faites interpréter un rêve, c’est d’abord pour vous qu’il doit être lu.

Ce que disent les autres règles

Les règles 191 et 192 se trouvent dans le chapitre 10, « Lire le rêve comme un tout ». Ce chapitre décrit le travail de l’interprète qui, selon al-Mazrūʿī, rassemble tous les symboles et connaît l’état du rêveur. Les règles 181 et 182 disent ce qu’il faut ramasser : tout le rêve, et pas seulement ce qui est vu. Les règles 183 et 184 disent par quel symbole entrer et quel remplissage écarter. Les règles 185 à 187 nouent les morceaux entre eux. Les règles 188 à 190 traitent la part du rêve qui résiste. La règle 193, sur la répétition d’une vision, clôt le chapitre. Le choix entre deux sens d’un même symbole relève du chapitre 11.

En bref

Un rêve peut concerner un proche, un enfant, un parent, un homonyme ou un groupe lié au rêveur. Al-Madrī pose la condition : le sens ne convient pas au rêveur, et un autre y a plus de droit. Le Prophète ﷺ vit Abū Jahl lui prêter allégeance, et le rêve se réalisa en son fils ʿIkrima. Al-Shihāb al-ʿĀbir fixe l’ordre : on lit d’abord le rêve pour le rêveur, et on ne l’élargit qu’en cas d’échec.

Cette page s'appuie sur le livre « Interpréter les rêves en islam sans se tromper » (204 règles), dont le texte intégral est publié chapitre par chapitre dans cette rubrique. Sources : les onze livres utilisés. Termes : glossaire.

جرّب الآن

Soumets ton rêve à cette méthode

Le bot expert applique ces règles à ton rêve, avec les sources classiques et ta situation. Gratuit pour un premier essai.